Denis Flahaut, premières impressions
A 27 ans, le coureur de Prouvy fait ses débuts professionnels dans l'équipe belge Flanders, qui recherchait un sprinter. Il est engagé aujourd'hui dans "le Samyn" à Frameries.
Denis Flahaut est né le 28 novembre 1978. Cet hiver-là, Robert Mintkewicz s'apprétait à disputer sa neuvième et dernière saison chez les rémunérés et Jacques Stablinski à accomplir à 23 ans, son unique année professionnelle. Il aura fallu attendre tout ce temps, une bonne génération, pour voir à nouveau un coureur valenciennois franchir le Rubicon. Passage quelque peu tardif dans le cas du prouvysien, venant ponctuer une carrière ''amateur'' où il a déjà pas mal bourlingué, du Pôle France Wasquehal à l'EC Raismes - Porte du Hainaut, en passant par le bataillon de Joinville, l'équipe 23 la Creuse de l'ancien champion du monde Luc Leblanc et Aubervilliers.
A 27 ans révolus, Denis Flahaut réalise le rêve de tout coureur, un aboutissement aussi pour une famille, une tribu, qui a largement donné au sport cycliste : son père, également prénommé Denis, fit de la compétition dans le sillage de son frère Marcel, excellent amateur sous le maillot du CC Thiant dans les années 70, et Denis s'entraine toujours avec ses cousins, dont Mehdi, licencié a Dunkerque.
Laissant là son emploi au rayon cycles du magasin Décathlon d'Aulnoy, qui lui donnait toute latitude pour courir et s'entrainer, Denis fini par accepter la proposition de la formation belge Flanders, classée Continentale, qui l'avait approché dès le Grand Prix des Marbriers et était désireuse de s'attacher ses services pour les qualités qui ont établi sa réputation : celle de sprinteur. Une pointe de vitesse acérée qui a valu à ce petit gabarit (1,68m, 65 kg) de signer, toutes catégories confondues, 271 succès.
Tout en haut de ce palmarès trône bien entendu le titre régional obtenu en 2004. Ses premiers tours de roue comme professionnel, Denis Flahaut les a donnés dès le Grand Prix d'ouverture
"La Marseillaise", dont il garde un souvenir ému :
"J'avais beau avoir déjà couru avec les pros, là, de me retrouver carrément "dedans", j'avoue que ça m'a impréssionné," Il a enchaîné avec l'Etoile de Bessèges, dont il s'est retrouvé classé dernier parce que ses suivants au classement général n'ont pas coupé la ligne le cinquième jour.
Le petit Prouvysien ne s'en cache pas : ses débuts sont difficiles. Denis en connaît la raison : le cyclocross. Il a mis un point d'honneur à conquérir le championnat régional, organisé par le club où il est désormais licencié, Bully-les-Mines, un titre qu'il avait déjà enlevé chez les juniors. Un résultat qui lui a cependant fait manquer les premiers entrainements et le stage d'avant-saison de sa nouvelle équipe :
"Chez les pros, ça ne pardonne pas. Je n'ai pas assez de kilomètres dans les jambes. Et la météo n'arrange rien. Mais je suis confiant. Je vais acquérir le rythme."
"Boonen, le patron"
Après une huitième place dans une kermesse open, à Merelbeke, Denis a doublé Volk-Kuurne. où s'est poursuivi son apprentissage : samedi, il à été contraint, ainsi qu'une cinquantaine d'attardés, de monter dans le bus balai ; le lendemain, une crevaisson sur le circuit terminal lui a ôté toute chance de revoir le peloton. Mais il a pu aussi, au cours de ces deux jours, rouler au côté de la nouvelle star : le champion du monde Tom Boonen.
"On voit bien qui c'est la patron : lorsqu'il s'arrête pour pisser, tout le peloton instinctivement se relève."
Flanders, qui n'a pas demandé à son français d'ôter ses piercings ("John Gadret a dû retirer les siens en passant de Jartazi à AG2R"), l'aligne aussi au
"Samyn" aujourd'hui. Le week-end prochain, Flahaut ne sait pas encore si il courra les 3 jours de Flandres occidentale ou le GP de Lillers dimanche. Après, il aura un programme belgo-hollandais, entrecoupé d'épreuves de Coupe de France : Denain le 13 avril, où ses supporteurs, désormais organisés en club, l'attendront nombreux, et le Tro Bro Leon. Avec cet espoir :
"J'attends le jour où j'arriverai pour la gagne."
Par Bernard Défontaine