Depuis sa naissance, Denis Flahaut a été bercé par les echos du Grand Prix de Denain. Dans la région, sa famille est étroitement liée à l'histoire du vélo. Et tous ceux qui ont suivi l'actualité ces trente dernières années savent très bien que le clan était réputé pour sa pointe de vitesse.
Même si les époques ne peuvent être comparées, il ne fait pas de doute que Denis est celui qui a le coup de reins le plus dévastateur. Chez les amateurs, il a fait quelques victimes sous le maillot de Raismes et Christian Davaine, le conseiller technique régional, un orfèvre, assure à qui veut l'entendre que Flahaut est certainement le finisseur le plus incisif du peloton français.
Pourtant le nordiste, qui habite Prouvy, a cinq bornes de la ligne d'arrivée de la célébre classique, n'a trouvé un viatique chez les professionnels que cette année. Or il a vingt-sept ans et seule la modeste équipe Flanders a consenti à l'accueillir. Un choix qu'elle ne regrette pas. Car l'ancien champion des Flandres, seul Français dans cette formation à coloration belge, hollandaise, bulgare et russe apprend bien son métier. Lui qui était réfractaire aux longues distances, tient le coup sur deux cents bornes. Il en a fourni la preuve sur les récents Trois jours de la Panne, où une étape, qu'il a finie, atteignait deux cent trente kilomètres. Et même s'il boucle la distance sans pouvoir se mêler aux meilleurs, il est évident qu'il a pris du coffre. Sur les semi-classiques, il a aussi terminé deux fois huitième, une fois treizième et une autre en vingt-quatrième position. A chaque fois, il a réglé le groupe dans lequel il avait trouvé place. Et preuve s'il en est de l'estime dont il bénéficie désormais en Belgique, sa côte dans les kermesses dépasse parfois celle de Steels ou de Rodrigues à la bourse des valeurs. Il ne lui manque qu'une victoire pour assumer pleinement sa nouvelle position...
"Le rythme est tellement plus élevé chez les pros, que je me garderai bien d'annoncer quoique ce soit. Mais mon équipe sait très bien que je vais évoluer à domicile et que le parcours entièrement plat me convient parfaitement. Mon directeur sportif, Frans Assez, me fait confiance et je serai protégé ce jour-là. Je ferai tout pour ne pas les décevoir, ainsi que mes nombreux supporters qui effectueront le déplacement. Et si je suis encore dans le coup à l'arrivée, je ne ferai aucun complexe."



